Le sionisme ne s'effondre pas, mais paie le prix de la négligence | Le Poste de Jérusalem

Jerusalem Post - 24/01
Le 7 octobre n’a pas créé la crise : il a supprimé l’isolation. Ce dont le sionisme a besoin maintenant, ce n’est pas d’une autre campagne. Cela nécessite une refondation.

Le sionisme ne s’effondre pas parce que ses prémisses ont été réfutées. Israël existe, l’hébreu revit et la souveraineté juive a été restaurée dans l’histoire et non dans une métaphore.

L’échec auquel nous assistons aujourd’hui n’est pas une défaite idéologique mais une négligence idéologique. Le sionisme ne perd pas l’argument ; c’est perdre la mémoire musculaire nécessaire aux Juifs pour vivre en tant que peuple sous pression. Cette mémoire musculaire définissait autrefois le sérieux et la discipline du mouvement. Aujourd’hui, il s’est atrophié par négligence plutôt que par défaite.

Cela doit être écrit maintenant parce que nous vivons le mensonge le plus dangereux que le sionisme se soit raconté depuis sa fondation : que la survie peut être externalisée et le sérieux différé. Le 7 octobre ne s’est pas produit dans le vide, pas plus que l’éruption mondiale d’antisémitisme qui a suivi. Ce à quoi nous assistons n’est pas une soudaine vague de haine mais l’effondrement d’une vieille illusion de suffisance institutionnelle. Cette illusion disait aux Juifs que la sécurité était permanente, que leurs institutions étaient durables et que l’histoire s’était adoucie. L’histoire, comme toujours, a prouvé le contraire.

Il s’agit d’un État sioniste de l’Union, créé à un point où le déni est devenu un abandon, la réassurance est devenue une complicité, des mensonges réconfortants ont remplacé le leadership et le coût de l’évitement a déjà été payé en vies juives. Le sionisme d’aujourd’hui se situe précisément à ce moment-là.

La question n’est plus de savoir si Israël a le droit d’exister, un débat réglé depuis longtemps dans le sang et dans les faits. La question est de savoir si les Juifs – surtout en dehors d’Israël – sont prêts à vivre comme un peuple qui comprend le pouvoir, le danger et la responsabilité. Le silence en ce moment n’est pas la neutralité : c’est l’abandon par omission.

Des manifestants brandissent des drapeaux alors que des étudiants participent à une marche interuniversitaire en soutien aux Palestiniens, à l'occasion du deuxième anniversaire de l'attaque meurtrière du 7 octobre 2023 contre Israël par le Hamas depuis Gaza, sur le campus du King's College de Londres, en Grande-Bretagne, le 7 octobre 2025. (crédit : REUTERS/TOBY MELVILLE)

Le massacre du 7 octobre a révélé un échec civilisationnel

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